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Guide alimentation équine

ChevalAVendre.com — Guide

L’alimentation du cheval

Un guide d’information sobre et responsable pour comprendre les bases de l’alimentation équine et accompagner au mieux un cheval — notamment lors d’une adoption, d’un changement de vie ou d’une transition alimentaire.

Avant de commencer

Ce guide ne remplace pas un vétérinaire ou un nutritionniste équin.
Il vise à renforcer des connaissances de base. En cas de problème persistant (perte d’état, coliques, diarrhées, fourbure, ulcères, stéréotypies, etc.), il est indispensable de consulter un professionnel.

Sur Cheval à Vendre, l’éthique passe aussi par là : sécuriser la transition et éviter les changements brusques, surtout quand un cheval arrive dans un nouvel environnement.

01 — Physiologie digestive du cheval

Le cheval est un herbivore monogastrique : il ne possède qu’un seul estomac, de petite taille. Son intestin grêle est long et étroit. Ces particularités l’obligent à s’alimenter en continu, en petites quantités tout au long de la journée.

Les chevaux, au naturel, passent en moyenne 16 heures par jour à manger. Comme d’autres espèces vivant en groupe, ils préfèrent s’alimenter en même temps que leurs congénères.

À retenir pour l’adoption : un cheval qui change d’environnement (stress, rythme différent, accès au fourrage modifié) peut être plus sensible. Plus la routine “fourrage + régularité” est respectée, plus on limite les risques digestifs.

La bouche : mastication & salivation

La bouche est le lieu de la mastication des aliments et de la production de salive.

1 kg de foin
≈ 3000–3500 coups de mâchoire
≈ 40–45 min “d’ingestion”
≈ 4 L/kg de salive
1 kg de concentré
≈ 800–1200 coups de mâchoire
≈ 10–20 min “d’ingestion”
≈ 1 L/kg de salive
Salive : elle contient de l’α-amylase, une enzyme digestive qui permet de réduire les macromolécules d’amidon et, par conséquent, de contribuer à limiter l’acidité gastrique.

L’œsophage

  • Mesure entre 120 et 150 cm.
  • Transporte les aliments jusqu’à l’estomac (pas de vomissement possible).
  • Peut s’obstruer en cas de :
    • Compétition alimentaire
    • Problème de dentition
    • Nouvel aliment
    • Aliment à fort volume
    • Aliment à forte capacité de rétention en eau

L’estomac

  • Volume entre 15 et 18 litres mais ne se remplit qu’à 2/3.
  • Passage rapide des aliments.
  • Sécrétion en continu de l’acide gastrique : 10 à 30 L/jour.
  • Débute la digestion des protéines.
  • Fermente les glucides les plus digestes en acide lactique agressif pour la muqueuse gastrique → risque d’ulcère.
Point vigilance : ulcère gastrique (notamment si manque de fibre / ration riche en amidon).

L’intestin grêle

  • Long conduit d’environ 25 m, volume ≈ 70 L (≈ 30% du volume total du tube digestif).
  • Sécrétions enzymatiques permettant la digestion des protéines, lipides et glucides.
  • Absorption des minéraux (sauf le phosphore) et vitamines.
  • Plus il y a d’amidon dans la ration, plus il va séjourner longtemps dans l’intestin grêle.

Le gros intestin

  • Constitué du côlon et du cæcum, représente ≈ 60% du volume total.
  • Flore microbienne active fermentant le contenu digestif (fibre + amidon résiduel).
  • Production :
    • d’acides gras volatils
    • de protéines microbiennes
    • de vitamines K et B
  • Production de lactate si ration riche en amidon = colique.
  • Microbiote très sensible au changement d’alimentation.
À retenir : la transition alimentaire est un levier majeur de prévention.

02 — Les principes de base de l’alimentation

Fourrage à volonté (jour & nuit) Augmentation de la salivation • Diminution de l’acidité gastrique • Occupation du cheval
Petits repas à heures régulières Fractionner les rations (≤ 4 L) permet de faciliter la digestion • Limite le risque d’un passage trop important d’aliments non digérés dans le gros intestin
Éviter le jeûne > 4 h Diminution du risque d’ulcères gastriques
Distribuer le fourrage avant les concentrés Pour laisser le temps aux concentrés d’être digérés
Favoriser une position d’encolure basse Pour conserver un bon alignement bouche–œsophage
Eau à volonté Facilite le passage du bol alimentaire dans l’œsophage • Participe au bon fonctionnement du gros intestin
Limiter l’amidon (max 1 kg d’orge/jour) Ralentit la digestion et peut causer des coliques ou diarrhées
Transition alimentaire (minimum 15 jours) Pour laisser le temps au microbiote de s’adapter
Spécial adoption : au moment d’un changement de lieu, le “minimum 15 jours” de transition et la stabilité du fourrage font partie des gestes simples qui évitent beaucoup de complications.

03 — Les besoins nutritionnels du cheval

Les besoins nutritionnels se décomposent selon 5 grands critères :

  • UFC / kg de MS : Unité Fourragère Cheval = énergie nette
  • MADC g / kg de MS : Matières Azotées Digestibles Cheval = protéines
  • Minéraux g / kg de MS : Calcium, Phosphore, Magnésium
  • Oligo-éléments mg / kg de MS : Fer, Sodium, Sélénium, Cuivre, Zinc, Iode
  • Vitamines UI / kg de MS : A, E, K

On peut y ajouter les apports en matière grasse.

Le niveau des besoins varie selon chaque cheval : âge, taille, état corporel, activité, santé. Des tables d’apports alimentaires existent pour vous aider à calculer les besoins.

MS : Masse sèche (exemple de calcul)

MS = Masse sèche

  • 6 kg brut de foin à 85% de matière sèche = 6 × 0,85 = 5,1 kg MS
  • 1,5 kg brut d’orge à 88% MS = 1,5 × 0,88 = 1,32 kg MS

Zoom sur la valeur nutritionnelle du foin

Le fourrage doit représenter 60% de l’alimentation du cheval. Cependant, en terme de valeur énergétique, tous les foins ne se valent pas.

On distingue généralement 3 qualités de foin selon le stade de croissance du fourrage au moment de la récolte.

Exemple d’adaptation : un foin récolté tardivement, de moins bonne qualité nutritive, peut être intéressant pour un cheval ou un poney prenant du poids facilement et ayant besoin de maigrir.

04 — Un rationnement adapté : oui, mais comment ?

L’élaboration d’une ration a pour objectif de choisir les aliments, d’en déterminer les proportions et les quantités à distribuer pour satisfaire les besoins du cheval et le maintenir en bonne santé.

La ration journalière est composée principalement de fourrages (verts ou secs), auxquels peuvent être ajoutés des concentrés (céréales, composés du commerce) pour enrichir la ration en énergie, protéines, minéraux et vitamines.

Le calcul d’une ration peut être complexe : il existe des outils pour faciliter cette tâche (références bibliographiques et outils en ligne).

La note d’état corporel

Un suivi régulier de l’état corporel est indispensable pour ajuster la ration et prévenir toute perte de poids ou, à l’inverse, limiter l’embonpoint. La notation d’état corporel consiste à évaluer la masse des dépôts adipeux en certains points anatomiques précis.

La palpation donne des indications plus précises que la simple observation visuelle.

Cette palpation s’effectue sur 6 zones : les côtes (≈ 50% de la note), l’arrière de l’épaule, le garrot, l’encolure, l’attache de queue et la croupe.


Construire une ration (méthode)

  1. Rechercher les apports journaliers recommandés selon le statut et l’état physiologique du cheval via des outils en ligne
  2. Définir le niveau d’intensité du travail (léger, modéré ou intense)
  3. Inventorier les aliments distribués (fourrages et concentrés en kg brut) et leurs valeurs nutritives
  4. Calculer l’apport réalisé par la quantité de fourrage distribuée sur une journée
  5. Compléter si nécessaire avec d’autres aliments à base de fourrage (brins de foin graminées, luzerne…), puis des concentrés complémentaires
  6. Équilibrer la ration en commençant par le rapport MADC/UFC, le rapport Ca/P, puis les autres minéraux, oligo-éléments et vitamines à l’aide des AMV/CMV
Rappel : la ration parfaitement équilibrée n’existe pas. Le but est de faire au mieux en fonction de son cheval et de s’adapter au cours de sa vie.

Les aliments simples (exemples de familles)

Céréales

Orge, avoine, maïs, blé, riz, triticale.

Sous-produits de céréales

Son de blé, remoulage de blé, etc.

Légumineuses

Féverole, lupin, pois, fèves.

Sous-produits oléagineux

Tourteau de soja, de lin, d’arachide, de tournesol, colza, coprah.

Huiles

Colza, maïs, soja.

Autres co-produits

Ex : pulpes de betterave, bouchons de luzerne (selon objectifs et équilibre global).

Prudence : la sensibilité du microbiote au changement d’alimentation impose de respecter la transition et de limiter les excès d’amidon.

05 — Troubles associés à une alimentation non adaptée

L’alimentation du cheval est une composante essentielle de sa santé et de son bien-être. Des problèmes peuvent survenir si l’alimentation n’est pas correctement gérée.

  • Ulcères gastriques : souvent liés à un manque de fibre et une trop grande proportion d’amidon
  • Coliques digestives : suralimentation, changements alimentaires brusques, aliments moisis, ingestion de sable, déshydratation
  • Diarrhées : changements alimentaires soudains, aliments de mauvaise qualité, infections, parasites
  • Fourbures : ingestion excessive de glucides non structurés, herbe riche en sucres, accès à l’herbe fraîchement coupée
  • Syndrome métabolique équin : souvent assimilé au diabète chez l’homme
  • Problèmes de peau : liés à des carences en vitamines et minéraux
  • Coups de sang : pouvant être déclenchés par un état émotionnel instable lié à une alimentation non adaptée
  • Stéréotypies : tic à l’appui, tic à l’air
  • Agressivité, manque de concentration…
Message Cheval à Vendre : lors d’un placement / adoption, les troubles digestifs sont souvent aggravés par le stress et les changements brutaux. Les règles simples (fourrage, eau, régularité, transition) sont des “fondations”.

Conclusions & recommandations

Merci d’avoir pris le temps de lire ce guide. L’objectif est de vous aider à comprendre les bases de l’alimentation et à appliquer des principes simples qui protègent le système digestif du cheval.

À retenir : en alimentation, il ne faut pas faire de généralités. Chaque cheval peut avoir des besoins différents et nécessiter une alimentation adaptée.

Annexe — Légende et vocabulaire utilisé

Cette section a pour objectif de faciliter la compréhension des termes techniques utilisés tout au long de ce guide.

MS — Masse sèche Correspond à la matière d’un aliment une fois l’eau retirée. Les calculs nutritionnels se font toujours en matière sèche, car la teneur en eau peut varier fortement d’un aliment à l’autre (foin, enrubanné, herbe, concentrés).
UFC — Unité Fourragère Cheval Unité utilisée pour exprimer l’énergie nette apportée par un aliment chez le cheval. Elle permet d’évaluer la capacité d’un aliment à couvrir les besoins énergétiques (entretien, travail, croissance, reproduction).
MADC — Matières Azotées Digestibles Cheval Représente la fraction des protéines réellement digestibles et utilisables par le cheval. Cet indicateur est essentiel pour l’entretien des tissus, la croissance, la récupération et le bon fonctionnement général de l’organisme.
Ca / P — Rapport Calcium / Phosphore Rapport entre les apports en calcium et en phosphore. Il doit être équilibré pour assurer une bonne santé osseuse, musculaire et métabolique. Un déséquilibre prolongé peut entraîner des troubles locomoteurs ou métaboliques.
Oligo-éléments Éléments minéraux présents en très faible quantité dans l’organisme mais indispensables à son bon fonctionnement (fer, zinc, cuivre, iode, sélénium, etc.).
AMV / CMV AMV : Aliment Minéral Vitaminé
CMV : Complément Minéral Vitaminé
Ils servent à compléter une ration lorsque les apports en minéraux et vitamines ne sont pas couverts par le fourrage et les concentrés.
Microbiote digestif Ensemble des micro-organismes (bactéries, levures…) présents dans le gros intestin du cheval. Il joue un rôle majeur dans la fermentation des fibres et l’équilibre digestif. Il est très sensible aux changements alimentaires.
Transition alimentaire Période d’adaptation progressive lors d’un changement d’aliment ou de ration. Elle permet au microbiote digestif de s’adapter et limite les risques de coliques, diarrhées et autres troubles digestifs.
Fourrage Aliments riches en fibres constituant la base de l’alimentation du cheval (foin, herbe, enrubanné, luzerne, etc.). Le fourrage est indispensable au bon fonctionnement du système digestif.
Concentrés Aliments plus riches en énergie, protéines ou nutriments spécifiques (céréales, aliments composés du commerce), distribués en complément du fourrage selon les besoins du cheval.
Important : Ces définitions sont données à titre pédagogique afin de faciliter la compréhension du guide. Elles s’inscrivent dans un cadre informatif et ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de la nutrition équine.